Désinformation : itinéraire d’un faux ordre d’opération au Niger
Direction : COMCYBER / Publié le : 16 avril 2025
Véritable arme de déstabilisation, la désinformation est utilisée par certains pays pour influencer les opinions publiques et perturber la manœuvre adverse. Récit d’une opération de lutte informatique d’influence (L2I) où les cybercombattants français ont débusqué une « fake news » basée sur un faux ordre d’opération militaire.
Le 28 août 2023, une attaque informationnelle envers les armées françaises circule sur les réseaux sociaux. Le contenu : un faux document de 12 pages, présenté comme une « fuite » et détaillant les préparatifs d’une prétendue opération militaire française contre la junte nigérienne. L’objectif de cette manipulation : attiser le sentiment antifrançais au Sahel, dans un climat tendu après le coup d’État du 26 juillet.
Une attaque informationnelle déployée en 24h chrono sur Facebook et Telegram
Il est 1h52, au cœur de la nuit, lorsqu’un premier post est partagé, sur Facebook. C’est la première apparition du faux document, présenté comme une « fuite », sur le compte de Simon Kere (20 000 abonnés). Mais l’impact est limité, avec seulement 15 repartages.
Il faut attendre la fin de matinée pour voir la manœuvre se dessiner. D’abord un message repris sur la chaine Telegram (MOP-DPLA – mouvement panafricain des droits des peuples pour la libération de l’Afrique, section Côte d’Ivoire). Puis deux comptes Facebook influents : PEDRO HEBDO TV (113 000 abonnés) et Rabani Harouna (61 000 abonnés).


La mécanique de la désinformation est en route : publier une fausse information puis amplifier sa diffusion à travers des relais d’influence. Dans l’après-midi, la chaîne Telegram La Dame de Sochi (61 000 abonnés) relaie le faux document, rapidement vu par plus de 11 000 personnes. L’activiste Bana Ibrahim (91 000 abonnés) viendra clôturer cette journée en relayant, à 20h30, la fausse information auprès de sa communauté Facebook.
La « fake news » s’est propagée en une journée auprès de plusieurs dizaines de milliers de personnes, sans jamais être reprise dans les grands médias nigériens. Plusieurs internautes ont dénoncé le faux document ou montré leur scepticisme. De leur côté, les cybercombattants français étaient à pied d’œuvre…
